Afrique
Zambie
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Classement 2026
77/ 180
Score : 58,58
Indicateur politique
88
44,27
Indicateur économique
120
35,65
Indicateur légal
71
63,89
Indicateur social
83
61,59
Indicateur sécuritaire
57
87,50
Classement 2025
82/ 180
Score : 57,33
Indicateur politique
90
44,94
Indicateur économique
83
42,50
Indicateur légal
78
63,88
Indicateur social
77
63,64
Indicateur sécuritaire
101
71,69

Après des années difficiles, l’arrivée au pouvoir d’Hakainde Hichilema, en août 2021, a permis une amélioration de la situation pour les médias. Le cadre législatif doit encore être amélioré et le contexte économique difficile demeure un frein à l’indépendance des journalistes.  

Paysage médiatique

Le paysage médiatique zambien est plutôt riche et pluraliste. La radiotélévision nationale, la Zambia National Broadcasting Corporation (ZNBC), comprend trois chaînes de télévision et trois radios. L’État gère les quotidiens Times of Zambia et Daily Mail. Dans le secteur privé, le pays compte 42 chaînes de télévision, dont les influentes Prime TV, Diamond TV et MUVI Television, et environ 120 radios. Concernant la presse écrite, News Diggers, Mast et Daily Nation sont les médias les plus influents. Enfin, la Zambie dispose d’un service gouvernemental chargé des relations publiques, le Zambia News and Information Services (ZANIS), destiné à donner une “bonne image” du gouvernement.

Contexte politique

L'ancien parti au pouvoir, le Front patriotique (PF), avait une emprise très importante sur les médias privés et publics, qui s’est traduite par la fermeture de médias et le licenciement de journalistes critiques. La situation s’est améliorée depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement en août 2021 : l’ingérence a diminué et les médias fonctionnent plus librement. La décision prise par la justice zambienne en février 2022, déclarant illégale la fermeture, six ans plus tôt, du plus grand journal indépendant du pays, The Post, est un signal encourageant. 

Cadre légal

La loi sur l’accès à l’information, promise depuis des années, a finalement été signée par le président en décembre 2023. La loi sur la cybersécurité adoptée en 2025 suscite de vives inquiétudes en raison de dispositions floues susceptibles de restreindre la liberté de la presse : le texte accorde aux autorités des pouvoirs étendus de surveillance des communications en ligne, tout en définissant de manière vague la “désinformation”. La loi sur la diffamation a par ailleurs régulièrement été utilisée sous le gouvernement précédent pour arrêter des journalistes critiques envers le président. 

Contexte économique

Les difficultés économiques de la Zambie affectent le secteur des médias. Le manque de ressources financières rend les journalistes vulnérables aux tentatives de corruption, en particulier lorsqu’ils enquêtent sur des fonctionnaires ou des dirigeants d’entreprise, ces derniers cherchant à acheter leur silence au moyen d’une contrepartie financière. La création et la survie d’un journal est également rendue difficile par le coût de l’impression et du papier. En mai 2024, le ministre de l’Information et des Médias, Cornelius Mweetwa, a appelé les institutions gouvernementales et le secteur privé à soutenir les médias privés en difficulté en plaçant des publicités.

Contexte socioculturel

La société zambienne est de nature conservatrice, avec de fortes valeurs chrétiennes. À ce titre, certains sujets comme l’avortement ou la contraception ne sont pas couverts dans les médias dirigés par des groupes religieux, à l’instar de la radio Yatsani appartenant à l’Église catholique.

Sécurité

La sécurité des journalistes s’est améliorée depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle majorité. Après de nombreuses années difficiles pour les journalistes zambiens, la durée de cette accalmie est encore incertaine. En juillet 2023, le photojournaliste Henry Chunza a été agressé par une membre du parlement alors qu’elle venait d’être suspendue par l’Assemblée. Il arrive que des journalistes critiques soient interpellés, voire détenus pendant plusieurs jours.